|
Le Comité de Pilotage de l’Initiative pour le Patrimoine Mondial
Forestier d’Afrique Centrale CAWHFI s’est tenu les 10 et 11 mars 2008
au Centre Culturel Français de Brazzaville au Congo.
Sous le
patronage de la COMIFAC, le Comité de Pilotage a été présidé par le
Ministre de l’Economie Forestière de la République du Congo et le
Secrétaire Exécutif du RAPAC a été désigné Rapporteur Général.
Les
70 participants représentaient les bailleurs de fonds, les agences des
Nations Unies, les organisations sous régionales, les administrations
en charge de la gestion des aires protégées, les conservateurs des
aires protégées, les ONG de conservation internationales, les
représentants des entreprises privées des zones périphériques aux parcs
nationaux concernés, les experts et chercheurs nationaux, régionaux et
internationaux.
|
Les réflexions du comité de pilotage annuel CAWHFI ont été guidées par les résultats de l’évaluation de mi parcours du programme, réalisée au mois de décembre 2007. Les échanges ont abouti aux recommandations et orientations présentées ci-après en huit points.
1 Harmonisation régionale du cadre juridique et de gestion des ressources naturelles et en particulier de la faune
Les débats sur ce point ont amené les participants à distinguer la problématique du suivi écologique de la problématique des législations sur la gestion de la faune et du commerce des produits de la chasse.
Sur l’harmonisation des systèmes de suivi écologique, les participants ont pu relever que le système MIST intègre le système MIKE. Il a été recommandé que MIST soit testé par les utilisateurs de MIKE pour une éventuelle adoption. A ce titre, des sessions de formation
devront être organisées au cours de l’année
2008 pour les différents utilisateurs, et MIST pourraît
être appliqué dans tous les complexes à partir de 2009.
Concernant l’harmonisation des législations sur la
gestion de la faune et le commerce des produits
de la chasse, il a été clairement manifesté que la
faune est une ressource, comme le bois et les autres
produits forestiers non ligneux, qui doit être valorisée
au mieux pour contribuer à l’économie nationale et à la
réduction de la pauvreté.
Il n’est pas réaliste de penser empêcher la consommation
de gibier par les populations et par conséquent son
exploitation légale hors des aires protégées. La règlementation
de la filière gibier en Afrique Centrale accompagne
les activités de lutte anti-braconnage, activités
de trafic devant être combattues comme toute autre
forme de pillage illégal.
Le groupe recommande à la COMIFAC, au RAPAC et
aux partenaires de CAWHFI de commanditer en urgence
sur ce sujet une étude à l’instar de celle réalisée
avec le concours de la FAO pour les produits forestiers
ligneux et non ligneux. Cette étude devra aussi impliquer
l’Organisation pour la Conservation de la Faune
Sauvage en Afrique – OCFSA.
2 Formation des gestionnaires des aires protégées
d’Afrique centrale
Les participants ont proposé de réaliser une phase d’identification
des manques de capacités de gestion des
aires protégées, afin d’évaluer les besoins des cadres
par site et planifier les formations. Ceci est en parfaite
logique avec la démarche RAPAC pour 2008 de définir
au niveau sous-régional les besoins en formation, en
définissant d’abord un référentiel des métiers des aires
protégées.
Le secteur privé a fait remarquer la nécessité de communiquer
sur les plans d’aménagement des aires protégées
en concertation avec les cellules aménagement
des concessionnaires forestiers intervenant en périphérie.
Les outils « PAMETT » utilisé par RAPAC et
« Management effectiveness» développé par le Centre
du Patrimoine Mondial, permettront dans une seconde
phase, d’évaluer l’évolution de la qualité de gestion des
aires protégées sur deux axes majeurs : la planification
et l’évaluation.
3 Renforcement des plateformes de concertation
locales, nationales, régionales
Il est recommandé la mise en place en urgence de plateformes
de concertation ouvertes aux représentants de
tous les partenaires et acteurs (les exploitants forestiers,
miniers, agricoles etc.) aux niveaux des sites, des
pays et de la sous-région.
L’établissement d’un mécanisme de communication
dynamique et transparent passe aussi par l’identification
des interlocuteurs privilégiés qui auront pour rôle
la diffusion formelle des informations au sein de leur
organisme.
Il s’agit:
-
au niveau des sites, d’entretenir un flux d’information
horizontal permanent (conservateurs - assistance
technique),
-
au niveau des administrations centrales, de formaliser
un flux d’information vertical, du terrain aux
administrations centrales avec au minimum une
réunion d’information-bilan semestrielle,
RAPAC Infos 7
-
au niveau national, de créer ou dynamiser des comités
interministériels nationaux du Patrimoine Mondial
ouverts aux partenaires, permettant un transfert
de l’information concertée au gouvernement et
un aménagement rationnel du territoire,
-
au niveau régional, d’appuyer la constitution d’une
mailing list type PFBC pour renforcer les concertations
dans le cadre de CAWHFI.
4 Alimentation des bases de données sousrégionales
à partir des aires protégées et de
leurs zones périphériques
(CAWHFI > RAPAC > OFAC)
Il est recommandé que les gestionnaires des sites, en
relation avec les coordinateurs de chaque complexe
écologique, approfondissent rapidement leur réflexion
sur le cadre logique CAWHFI, identifient et proposent
des indicateurs réalistes et mesurables au Centre du
Patrimoine Mondial pour validation par ses partenaires.
Le centre du Patrimoine Mondial, le Secrétariat
Exécutif du RAPAC et la coordination du projet FORAF
se consulteront pour harmoniser les propositions
faites.
Ces éléments contribueront dans un premier temps à
enrichir la prochaine édition de l’état des forêts du
Bassin du Congo.
5 Protection et valorisation du capital faunistique
en zones périphériques des aires protégées,
développement socio-économique et valorisation
des usages traditionnels
Les participants ont évoqué la nécessité de promouvoir
l’organisation des territoires de chasse réglementée en
s’inspirant des exemples pilotes en cours au Cameroun
et en RCA où des résultats probants sont déjà obtenus.
Ces modèles de gestion participative constituent une
des alternatives concrètes pour la réduction (i) de la
pauvreté des populations vivant dans la périphérie des
aires protégées et (ii) du braconnage contre lequel les
actions de répression ont montré leurs limites.
6 Application de plans types pour la communication
locale, nationale, internationale
Ce point est apparu capital à l’ensemble des participants,
exprimant un besoin de capitalisation des résultats
existants, d’harmonisation des messages, des cartes
et des chiffres de références, et de définition de
groupes cibles à sensibiliser.
Une stratégie de communication sera rapidement proposée
aux partenaires pour une mise en oeuvre dans les
meilleurs délais.
7 Renforcement de la dynamique Patrimoine
Mondial
Concernant ce point, les participants ont relevé la nécessité
de développer un argumentaire pour convaincre
les décideurs politiques de la pertinence et l’opportunité
de proposer la nomination de nouveaux sites.
Pour les sites déjà identifiés par les Etats et potentiellement éligibles, il a été recommandé d’accélérer l’élaboration
des plans d’aménagement des aires protégées.
Par ailleurs, lors du CTPE TNS de Yokadouma le 18
mai 2008, un agenda sera proposé pour la nomination
du TNS au Patrimoine Mondial à soumettre le 1er février
2009, dix ans après la déclaration de Yaoundé.
8 Protocole d’accords RAPAC — CAWHFI
Cette démarche vise à développer la coopération et le
partenariat entre RAPAC et CAWHFI, en vue d’une
mise en oeuvre plus efficiente des priorités stratégiques
du RAPAC et du Plan de Convergence de la COMIFAC.
Elle s’inscrit dans le cadre des programmes prioritaires
de caractère transversal du plan stratégique pluriannuel
du RAPAC, pour mettre en place des actions synergiques
et complémentaires.
Les participants se sont réjouis de la possible formalisation
d’un protocole de collaboration entre CAWHFI
et RAPAC et encouragent sa déclinaison en activités
concrètes à planifier dans le temps.
|