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 Cadavre d'une oliv?tre (plage de Mvandji) Les menaces
Les tortues marines telles que nous les connaissons aujourd’hui seraient apparues il y a 65 millions d’années. Elles représentent une composante ancienne et importante de la biodiversité. Au cours de l’évolution plusieurs modifications leur ont permis de s’adapter. Jusqu’au 19ème siècle, les tortues marines étaient encore abondantes avec les populations estimées en millions d’individus (UICN, Une stratégie mondiale pour la conservation des tortues marines, 1995 ). Mais au cours de ces dernières années, l’Homme, par ses activités a dilapidé ce patrimoine, le réduisant à un niveau alarmant.
De nombreuses menaces pèsent actuellement sur les tortues marines. Elles touchent l’ensemble de leur cycle de vie, de manière directe ou indirecte, que ce soit à terre ou en mer : braconnage sur les sites de ponte, destruction de leurs habitats, captures, pollutions diverses …
Parmi les six espèces rencontrées dans l’Atlantique cinq fréquentent le golfe de Guinée : la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue imbriquée (Ertmochelys imbricata), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), la tortue luth (Dermochelys coriacea) et la couanne (Caretta caretta). Elles sont toutes inscrites sur la liste rouge de l’UICN et listées dans l’annexe I de la CITES comme espèces menacées ou vulnérables.
Au cours de leur croissance, les tortues marines sont amenées à traverser différents types d’habitats océaniques, côtiers et pélagiques. Adultes, certaines d’entre elles effectuent des déplacements de plusieurs milliers de kilomètres entre leurs aires de reproduction et d’alimentation. Durant leur vie de reproduction, elles peuvent venir nidifier sur des plages distantes de plusieurs centaines de kilomètres.
Ce mode de vie rend difficile les efforts de conservation, et peut en limiter les effets à moins que ces efforts soient envisagés de façon globale, de manière à prendre en compte l’ensemble de l’aire de distribution des tortues.
 T?te d?une oliv?tre sur les étals d?un marché ? Pointe-Noire Il serait en effet aberrant de chercher à protéger et conserver les tortues sur les côtes gabonaises alors qu’elles sont abattues sur celles du Congo. Pour une conservation efficace, il est impératif que les efforts soient coordonnés à l’échelle nationale, sous-régionale, régionale et internationale. Une méthodologie commune et une standardisation des données s’imposent donc, de manière à pouvoir analyser et comparer les données entre les différents acteurs de terrain, dans le temps et dans l’espace.
C’est l’esprit du Programme Kudu, chargé de la mise en oeuvre du Mémorandum d’Abidjan. Récemment dans le cadre de ses missions, le Programme Kudu, par l’intermédiaire de son réseau PROTOMAC a organisé un atelier de formation des acteurs de terrain dans le Parc National de Conkouati Douli (Congo-Brazzaville ), en collaboration avec WCS-Congo.
Cet atelier s’est déroulé du 02 au 07 octobre 2005, au début de la saison de nidification des tortues marines. Il s’est articulé sur deux grands volets : un volet théorique dispensé à la base-vie du Parc proche de la lagune Conkouati et un volet pratique qui s’est déroulé sur les plages de Mvandji.
L’intérêt de ce type de formation, hormis l’apprentissage des techniques de suivi des tortues marines (marquage par bague Monel, biométrie, transplantation des oeufs… ), est de montrer aux participants qu’ils s’intègrent dans un programme global et qu’ils travaillent en collaboration, en harmonie avec divers acteurs de la sous-région, et au-delà de la région, pour une même cause : la conservation des tortues marines.
Activité de suivi
L’ONG RENATURA, travaille sur le suivi des captures accidentelles en pêche artisanal.
La visite du marché de Pointe Noire et de ses décharges par les responsables du programme KUDU et de RENATURA a montré le mois dernier qu’un grand nombre de tortues marines sont capturées accidentellement dans les filets des pêcheurs artisanaux et finissent sur les étalages des marchés.
Depuis plusieurs saisons en effet, RENATURA mène auprès des villages de pêcheurs et des communautés locales un important travail de sensibilisation qui a conduit les pêcheurs à accepter de relâcher les tortues capturées moyennant une contre partie pour la réparation des dégâts causés à leurs filets par les tortues. Aussi, depuis deux mois, un technicien de RENATURA, est chargé de visiter les pêcheurs en signalant les captures de tortues enregistrées, d’estimer les dégâts causés aux filets et de proposer un dédommagement en fournissant une, deux, trois bobines de fil ou une pièce de filet selon le dégât, pour effectuer les réparations. Les appels sont fréquents, les tortues sauvées sont nombreuses et RENATURA cherche dès à présent les voies et moyens pour pérenniser cette action. En effet, un arrêt de cette activité risquerait d’amplifier les massacres.
Activité de collecte des données
Les données collectées grâce à cette activité (espèces et classes d’âge) permettent d’améliorer les connaissances sur les zones de ponte, de croissances et d’alimentation du littoral congolais. L’étude des zones marines du golfe de Guinée n’est qu’à ses débuts.
Alain Gibudi
Programme Kudu
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