Nouvelles du Réseau
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Cétacés de São Tomé et Principe |
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Écrit par Cécile MARTIN & Inês CARVALHO
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Quelles populations de baleines et cétacés fréquentent les eaux de l’archipel de São Tomé et Principe ?
Une étude, mise en oeuvre par l’ONG portugaise Projecto Delfim, encadrée par WCS et le Musée Américain d’Histoire Naturelle et soutenue par le projet Espèces Phares, nous donne les premiers éléments de réponse.
Le volet Baleines du projet Espèces Phares vise à une meilleure compréhension de la dynamique (abondance, structure, dispersion) de la population de baleines à bosse dans le Golfe de Guinée, à l’obtention d’informations concrètes sur la présence d’autres cétacés dans le Golfe de Guinée ainsi qu’à la mise en place d’activités de tourisme de vision impliquant directement les populations locales et créant des retombées économiques pour celles-ci.
C’est dans ce cadre que depuis 2004 le projet soutient le travail de terrain de deux étudiantes de Projecto Delfim :
- Une étude sur les baleines à bosse, partie intégrante du travail de doctorat d’Inês Carvalho « Abondance, fidélité au site et structure de la population de baleines à bosses (Megaptera novaeangliae) à São Tomé & Principe » sous la supervision du Pr. H. Rosenbaum (Musée Américain d’Histoire Naturelle / WCS)
- Une étude sur la présence de cétacés, partie intégrante du travail de maîtrise de Cristina Picanço intitulé « Présence et conservation des cétacés dans l’archipel de São Tomé et Principe » sous la supervision du Pr. P. Sa Sousa (Université d’Evoura, Portugal).
Ces études ont débuté en 2002 et se sont concentrées dans un premier temps sur des suivis en bateau au large de l’archipel de STP, puis depuis 2004 sur l’analyse des archives nationales de STP relatives à l’activité baleinière sur et au large de l’archipel et dans le Golfe de Guinée. En complément, un travail de sensibilisation de la population locale est envisagée avec l’ONG saontoméenne MARAPA.
Premières conclusions de l’étude (2002-2005)
 Couple de baleines à bosses mèe-baleineau au large de São Tomé Depuis 2002 Projecto Delfim conduit une étude ayant pour objectif principal de collecter des données de base sur les cétacés présents à Sao Tomé, avec une attention particulière pour les baleines à bosse.
Depuis le début de l’étude, les baleines à bosse ont été observées du mois d’août au mois de novembre. Les couples femelle-baleineau représentent une large proportion des groupes observés (52%). Ces couples ont été vus dans la région jusqu’au mois de novembre, le même groupe pouvant être observé parfois sur de longues périodes - plus de trois semaines (Carvalho et al., 2003-2004).
Très peu de comportements associés à l'activité d'accouplement (groupes en compétition, chant) ont été observés dans cette zone. Etant donné le nombre élevé de couples femelle-baleineau, parfois avec des petits très jeunes, et la faiblesse de l'activité d'accouplement, les eaux de cette région pourraient servir essentiellement comme zone d'hivernage pour la mise bas des baleineaux.
D’où l’importance de poursuivre ces études dans les années à venir afin d’améliorer nos connaissances sur les populations de baleines à bosse fréquentant les eaux de Sao Tomé et Principe.
Durant cette étude, d'autres espèces de cétacés ont également été observées : grand dauphin (Tursiops truncatus), dauphin douteux ou dauphin tacheté pantropical (Stellenaattenuata), orque (Orcinus orca), globicéphale (Globicéphala spp.) et en 2005, pour la première fois depuis le début de l’étude, le cachalot (Physeter macrocephalus).
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Observations de :
- Baleines à bosse (■)
- Grands dauphins (+)
- Dauphins douteux (♦)
- Cachalot (*)
à S. Tomé en 2005
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Quelles perspectives après 2006 ?
Au terme du projet Espèces Phares (août 2006), l’équipe de Projecto Delfim trouvera-t-elle d’autres partenaires financiers afin de continuer son travail de recherche et de sensibilisation de la population locale aux problématiques de conservation des espèces et écosystèmes marins ?
Travail d’autant plus important ces temps-ci qu’à São Tomé & Principe, l'existence d’une zone de reproduction pour la population de baleines à bosse soulève de nouvelles questions sur la conservation de cette espèce, liées à l'augmentation des activités humaines récemment mises en place dans l'archipel, en particulier les activités industrielles (exploitation pétrolière) et le tourisme de vision de baleines.
Cécile MARTIN, coordinatrice Espèces Phares
Inês CARVALHO, biologiste Projecto Delfim
(source : rapport d’Inês Carvalho pour le projet Espèces Phares, février 2006)
Photos et carte : Inês CARVALHO
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