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Appui à la gestion des ressources naturelles: le cas de l'ONG CODICOM en RCA |
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Écrit par NGAKEU MBA LIMBINGO
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L’ONG CODICOM (Comité pour le Développement Intégré des Communautés de Base) est née en 1997 de la volonté des populations paysannes de la Basse-Kotto de mettre en place un espace local de développement local intégré à travers une dynamique locale appropriée aux valeurs et connaissances locales.
Elle a par la suite subi une mutation spatiale et visionnelle: son
champ d’action s’est élargi progressivement dans les préfectures du
Mbomou, de la Ouaka, de la Kémo et de l'Ombélla M’poko puis finalement
essaimé toute l’étendue du territoire Centrafricain. Ses objectifs
globaux consistent à :
-
impliquer les communautés rurales dans la maîtrise des facteurs de développement durable ;
-
accompagner et appuyer les initiatives locales d’autodéveloppement durable ;
-
promouvoir la gestion durable de l’environnement aussi bien dans les
zones dites banale que celles dites réservées (parc, forêt classée…) ;
-
vulgariser les techniques de prévention et de gestion des conflits liés aux droits d’usage des ressources naturelles.
Fonctionnant sous un régime associatif classique avec des dispositions statutaires largement acquises au partage,
à l’échange des connaissances et à une forte responsabilisation de
membres au niveaux des organes de base, le CODICOM s’appuie sur un
solide fondement de 24 animateurs relais permanents fortement motivés,
régulièrement recyclés par une cellule de 4 cadres rompus aux
techniques d’IEC, d’élaboration et de gestion de projets, de formation
et d’appui conseil.
Grâce aux cotisations des membres, de la
contribution des « tours du CODICOM » aux revenus générés par les
différentes prestations de service de l’ONG (Formation, Etudes
monographiques, Consultations…) mais surtout aux précieux appuis
financiers et matériels de certains partenaires (PRGIE, OIF, PMEDP,
CARPE, Ministère des Eaux, Forêts, chasse et Pêche Chargé de
l’Environnement, le CIONGCA…), sensibles aux efforts que déploie le
CODICOM, l’ONG a pu réaliser, entre autres :
-
l’aménagement sur 37km d’une piste rurale dégradée(léoua-Mbélima);
- la protection des bassins versants dégradés à travers la culture expérimentale des plantes de couverture;
- la production de l’huile végétale à partir des noix de raphia ;
-
la construction de deux (2) greniers communautaires de stockage post-récolte de produits céréaliers ;
- l’exploitation d’un champ agroforestier de 5ha ;
- l’exécution d’un projet de gestion rationnelle de feux de brousse en milieu peulh et surtout, la gestion des conflits intercommunautaires liés à l’eau aux alentours de la forêt classée de PEPELOU, activité qui tire bientôt à sa fin dont les résultats, très intéressants, pourraient servir d’exemple au niveau de la République
Centrafricaine où aujourd’hui, se développe de plus en plus une
tendance au niveau de certains groupes communautaires à délimiter des
terroirs, à se les approprier tout en excluant d’autres communautés de
son usage.
En effet, dans la Préfecture de la Basse-Kotto, on
note une forte pluviométrie ( + 1800 mm/m) avec au potentiel
hydrographique important favorisant une végétation abondante et variée
(forêts semi-décidue, savanes arborées, zones humides…) ont cohabité en
bon terme dans cette Préfecture des populations diverses des Ngbangou,
Sango, Yakpa, Baguiro, Mbororo.
Cette cohabitation a longtemps
été facteur de cohésion sociale et de complémentarité jusqu’à ce que la
pression démographique, couplée à l’augmentation des besoins en terre
et en eau a débouché sur des problèmes d’approvisionnement en eaux pour
les cultures et le bétail. C’est ainsi que le bassin de la rivière
Mbangi, aux confins directes de la forêt classée de PEPELOU, est
devenue une pomme de discorde entre les éleveurs Peulh Mbororo et les
exploitants agricoles des bassins et plaines alluviaux.
La forte
concurrence pour l’accès à l’eau par ces deux principales communautés
ont souvent débouché sur des crises causant d’importants dégâts
matériels quelques fois des pertes en vies humaines. Suite à ces crises
liées aux droits d’accès et d’usage à l’eau par les éleveurs et les
exploitants agricoles, lesquelles débouchent souvent sur des situations
dramatiques avec des impacts environnementaux négatifs et des
répercussions socio-économiques désastreuses, le CODICOM a entrepris,
avec la participation des leaders des deux communautés et des autorités
administratives, la mise en place d’un cadre permanent de gestion
intégrée des ressources en eau du bassin de la Mbangi dans la
préfecture de la basse-Kotto.
Cette activité qui se veut
transversale parce que relevant de la prise en compte autant des
préoccupations environnementales, sociales, économiques que
démocratiques (par la définition consensuelle et participative des
mécanismes d’usage, d’accès aux ressources et de bonne cohabitation)
s’inscrit dans un vaste cadre d’initiatives régionales et nationales en
matière de gestion de l’eau : la CBLT, la CICOS, , la GIRE, la loicadre
de l’Environnement et le Code de l’eau en République Centrafricaine.
A mi-parcours, nous pouvons nous féliciter déjà de quelque résultats obtenus qui se résument grossomodo à :
- la mise en place d’un cadre multi-acteurs de concertation et de gestion intégré des ressources en eau ;
- la réduction de moitié des conflits intercommunautaires liés à l’eau ;
- l’aménagement de 2 ouvrages de mobilisation des eaux de surface pour les activités maraîchères ;
- la construction de 3 puits pastoraux dans les campements ou les sites des éleveurs, équipés de boulis pour abreuver le bétail.
Deux formations ont été organisées et soutenues par les cadres
régionaux des Ministères de l’Agriculture et de l’Elevage et ceux des
Affaires Sociales. 15 membres du comité de gestion ont été formés en
technique de négociation et de médiation en période pré-conflit et
post-conflit tandis que les 12 Animateurs locaux ont suivi des modules
liés aux stratégies d’animation et de sensibilisation.
Il
convient de mettre en exergue la forte adhésion des femmes Peulh
(souvent très réservés et exclues des discussions ayant trait à leur
vie) et les femmes agricultrices qui participent d’une manière
remarquable aux activités (maraîchères et pastorales) ce qui constitue
un gage pour garantir la durabilité et la pérennisation de cette
initiative qui, nous l’espérons, pourra être une référence en matière
de gestion durable des ressources naturelles dans une perspective de
donner aux populations à la bases les chances de proposer, de
participer aux décisions et de jouir pleinement des droits d’accès et
d’usages de ces ressources dont ils sont et demeureront encore les
véritables comptables.
NGAKEU MBA LIMBINGO
Coordonnateur du CODICOM
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