Nouvelles du Réseau
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La biodiversité occultée : cas du monde des hyménoptères |
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 Nids polydomiques Une fascinante et très discrète fourmi, Polyrhachis laboriosa, endémique de la forêt tropicale africaine : Elle a colonisé tous les continents, développé des moyens de survie qu’aucun stratège ne pourrait développer. Elle a érigé en mode de vie le don de soi. Dans le monde des hyménoptères, dont les fourmis évoluées sont les grandes représentantes, l’existence n’est pas individuelle mais est régie par et pour le collectifdans un seul et unique but, la survie de l’espèce.
La vaste forêt tropicale est une terre bénie pour les biologistes et les photographes. La biodiversité y est stupéfiante,par la masse qu’elle représente mais également par les formes surprenantes des insectes.
Polyrhachis laboriosa est une fourmi arboricole, non-dominante. Elles forment des colonies de 1.000 à 10.000 individus, peu agressives qui sont admises des espèces dominantes tant qu’elles ne pénètrent pas dans leur territoire. La colonie est répartie entre plusieurs nids polydomiques dont un contient la reine. L’ensemble des espèces arboricoles occupant un espace donné est appelé mosaïque de fourmis. Elles construisent des nids sophistiqués à l’architecture tout à fait étonnante, formés de plusieurs chambres qui évoquent des arcs boutants et des piliers faits de débris végétaux et de fils chapardés ou récupérés sur des toiles d’araignée et fixés sous une feuille de façon à permettre l’écoulement des eaux de pluie sans qu’elles ne pénètrent à l’intérieur.
La cuticule de P. laboriosa chatoie des reflets argentés sur sa tête et son thorax tandis que son abdomen est nettement doré.
Sa défense
En alerte à la moindre secousse, elle tapote l’abdomen sur la feuille pour communiquer d’un danger, une odeur non coloniale, une vibration ou un éventuel insecte. Aussitôt les gardes, dotés d’une excellente vue pointent leurs longues antennes, sortent et en groupes, tambourinent la feuille pour mobiliser l’ensemble de la colonie. Discrètes et farouches à leur habitude, elles deviennent très combatives lorsque le nid est en péril immédiat. Munies de petites mandibules car n’étant pas carnivores, elles sont cependant dotées d’un sac rempli d’acide formique puissant. Pour sa défense elle parvient à diriger et expulser sous pression un fin jet du liquide qui aussitôt viendra brûler l’adversaire ou le prédateur.
Son alimentation
 Colonie de P. laboriosa L’alimentation de P. laboriosa repose principalement sur un régime liquide sucré, sécrété par les nectaires extra-floraux mais aussi par de jeunes feuilles. Elle peut également tirer profit des sécrétions des homoptères (miellat des pucerons) exploités par d’autres espèces. Ce régime hautement énergétique est cependant pauvre en protéine.
Excellente mémoire visuelle
Pour retrouver son chemin à travers ledédale de feuilles et de branches elle sesert de sa mémoire et de repères visuels. Elle trace ensuite un chemin chimiqueque toutes les autres pourront suivre.
Patrick Landmann
Photos issues du reportage dans la Réserve de Biosphère du Dja (Cameroun)
A consulter aussi : Ça m’intéresse N° 294 (p72-75) et Illustreret Videnskab N° 12/05 (p60-65)
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