Nouvelles du Réseau
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Peut-on sauver le Parc National d’Akanda (Gabon) ? |
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Écrit par Romain Calaque
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Evaluation des menaces à court terme
 village de pêcheurs ayant recouvert l'île Assimba depuis les 3 dernières années Un état des lieux a été fait au cours du mois d’août 2006 afin d’évaluer les réelles menaces qui pèsent sur le Parc National d’Akanda. Il ressort de ce diagnostic quelques points forts à savoir :
La destruction des forêts hyper humides
Bien que principalement couvertes de mangroves, les terres émergées du Parc National d’Akanda sont très localement couvertes de forêts non inondées mais dites hyper-humides car recevant plus de 3.000 mm de précipitation par an.  déchargement des planches en amont Ces forêts situées dans la zone Nord- Ouest du parc, de part et d’autre de la rivière Moka, au-delà des mangroves) sont en train d’être détruites par des scieurs de planches. Une pirogue pouvant contenir jusqu’à 6m3 de planches, on peut aisément estimer les quantités extraites du parc sachant que localement on estime qu’une pirogue peut faire 10 voyages par jour! Les pirogues sont ensuite déchargées dans les divers débarcadères proches de Libreville, principalement ceux situés vers Cap Caravane, Okala, derrière le camp De Gaulle et enfin à Charbonnage.
La destruction des mangroves
 planches stockées dans le village de Moka Le village de Moka tout comme celui de l’île Assimba sont en pleine expansion malgré un accès étroit par la rivière. Cette expansion se traduit par la destruction de la mangrove au travers de :
- La coupe des palétuviers pour l’utilisation de l’espace,
- La coupe des palétuviers pour l’alimentation des feux pour le fumage du poisson.
- Le fumage du poisson dans le parc serait une pratique récente imposée par les difficultés rencontrées par les pêcheurs et les commerçantes pour vendre leur poisson frais à Libreville. Il faut rappeler ici que la mangrove ne repousse pas spontanément, même après de longues périodes sans perturbation anthropique.
Il semblerait que depuis peu, les palétuviers soient également coupés pour être débités en bûches vendues comme bois de chauffe à Libreville.
La Sur-pêche
 requins dépecés, au village de Moka Suite au renforcement des contrôles de police à Owendo et Libreville, une population importante de pêcheurs s’est installée dans le parc national d’Akanda : de quelques dizaines de personnes, la population de pêcheurs résidant dans le parc a dépassé la centaine. Les hommes pêchent principalement avec des lignes de fond, toute l’année dans la baie de Corisco. Cette pêche serait non durable du fait de plusieurs problèmes : trop de pêcheurs (c'est-à-dire trop de palangres) pour la capacité de régénération des grands poissons carnivores, trop de prises «accessoires» (25% du total) telles que les requins, cétacés et tortues ou les alevins pris dans les filets à crevettes.
Romain Calaque
Pour en savoir plus sur le Parc National d’Akanda lire : Akanda et Pongara de J.P. Vande Weghe
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