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Habituation des gorilles, site de Mikongo |
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Écrit par Carla Venturolli
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Qu’est-ce que l’habituation ?
 jeune gorille L’habituation des gorilles aux humains est l’action de rendre les gorilles indifférents à notre présence dans leur milieu. Elle est achevée lorsque les observateurs humains ne représentent plus une menace et deviennent une présence neutre dans la forêt. C’est un processus très long qui peut prendre plusieurs années, mais c’est faisable !
L’habituation en Afrique Centrale suit l’exemple des expériences réalisées en Ouganda et au Rwanda, où la vision des gorilles habitués constitue une des premières sources de revenus des pays. Les milieux naturels dans lesquels vivent les deux espèces de gorilles sont complètement différents. Les gorilles de montagne (gorilla beringei) vivent dans les volcans de la Rift Valley où la végétation n’est pas très dense. Au contraire, les gorilles de plaine (gorilla gorilla) vivent dans les forêts équatoriales à la végétation dense, où la visibilité limitée rend l’habituation plus difficile. Seuls trois sites dans le monde ont réussi l’habituation des gorilles de plaine : Bai Hokou (RCA), Mondika (RCA) et Lossi (République du Congo). Leur succès nous a montré l’exemple à suivre et aujourd’hui nous stimule pour continuer ce travail si difficile mais aussi si passionnant et satisfaisant.
Les méthodes d’habituation
 pistage en forêt Pour habituer un groupe de gorilles, il faut s’armer de beaucoup de patience et le groupe de gorilles doit être suivi quotidiennement. Pour y parvenir, nous avons besoin de pisteurs qui soient capables de suivre et reconnaître les traces les plus infimes de leur passage. Le travail de ces pisteurs est vraiment incroyable, croyez-nous !
Une fois arrivés à proximité du groupe, nous commençons le contact. C’est le moment où l’équipe d’habituation montre sa présence aux gorilles, au travers de bruits standard. La curiosité des gorilles, animaux si semblables aux humains en bien des points, est connue. Le secret pour réussir à les habituer est basé sur l’équilibre entre leur curiosité et leur peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Un contact est bon lorsque nous pouvons manifester notre présence au groupe, à une distance de sécurité où les gorilles ne se sentent pas menacés et depuis un endroit ouvert où ils peuvent bien nous observer. Il est très important que les gorilles puissent bien nous regarder, et non le contraire.
 empreinte de gorille Pendant le contact, il faut afficher une attitude soumise aux gorilles, ne pas être impressionné par leur présence mais en même temps, il faut attirer leur curiosité. Toutefois, il est conseillé de ne jamais les regarder dans les yeux. Il faut s’asseoir, bouger très doucement, faire semblant de manger des feuilles, se gratter la tête en regardant ailleurs… c’est à dire agir comme un gorille qui n’a pas peur, qui se trouve au même endroit que le groupe par hasard et n’est pas du tout intéressé par ce qu’il fait.
EN CAS DE CHARGE, IL NE FAUT JAMAIS FUIR !
L’habituation et les touristes
Au démarrage des activités touristiques à Mikongo, en 2001, les touristes pouvaient accompagner l’équipe de terrain et participer à l’habituation. Malheureusement l’expérience n’a pas été concluante et nous avons choisi de mener séparément les deux activités. Il faut savoir que les gorilles non habitués ne sont pas faciles à observer : les contacts sont très courts, avec des gorilles qui fuient ou chargent, et la visibilité dans la forêt est très limitée. Sans compter que les charges des grands “dos argentés” sont parfois dangereuses pour des personnes qui, bien qu’informées sur le comportement à tenir, paniquent parfois. Les touristes frustrés ou effrayés n’étaient pas satisfaits de l’expérience. Quant à l’habituation, qui suit des règles très strictes, elle ne pouvait pas réussir en présence de touristes dont l’intérêt est l’observation des animaux. Or pour habituer les gorilles, il ne faut pas forcer l’observation. La pression exercée par les touristes pendant les premières années est l’une des raisons de l’échec partiel de l’habituation au début du projet.
Où en sommes-nous ?
 analyse des restes alimentaires Depuis 2005, nous travaillons à l’habituation d’un groupe de gorilles, nommé G7. Ce groupe est composé par un mâle « à dos argenté », de 4 à 5 femelles et de 2 à 4 jeunes. Il a été suivi régulièrement et leurs réactions aux observateurs humains n’étaient jamais vraiment agressives. Le long travail continue chaque jour et nous espérons que lorsque l’habituation sera accomplie (échéance en 2009), le Centre de Conservation de Mikongo et le Parc National de la Lopé, site pilote RAPAC deviendront une destination connue et reconnue pour le tourisme international. Les revenus seront alors suffisants pour le déroulement du projet à long terme.
Carla Venturolli, projet ZSL, Mikongo
(Parc National de la Lopé, Gabon)
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