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Education environnementale formelle : L’expérience de l’ONG IBONGA-ACPE à Gamba PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gil Avery MOUNGUENGUI   

Créée en 1999 par Jean-Pierre Bayet et officiellement reconnue en juillet 2002, IBONGA est une ONG locale oeuvrant au sein du Complexe des Aires Protégées de Gamba (CAPG), pour la connaissance et la protection de l’environnement. Signifiant « tortue » en langue locale (Baloumbou), Ibonga s’est au fil du temps fixée pour objectif général, de « sensibiliser les communautés à la conservation et participer à la gestion durable et concertée des ressources naturelles ».

Pour ce faire l’ONG a essentiellement axé ses activités sur :

  • l’information, l’éducation et la communication,
  • l’appui à la gestion des aires protégées et l’écotourisme,
  • la valorisation de l’artisanat local,
  • la recherche et le suivi des tortues marines.


Toutes ces approches nouvellement explorées parl’ONG ne lui font cependant pas déroger à ses attributions premières. En l’occurrence, l’éducation environnementale en milieu scolaire. En effet, depuis sa création en 1999, IBONGA a toujours entrepris d’inculquer aux plus jeunes les aspects élémentaires de l’environnement et les notions de conservation. Pour ce faire, l’ONG a opté à l’époque pour l’organisation de cours d’écologie dans les écoles primaires de la ville de Gamba, ainsi que la réalisation d’événements divers dont les classes vertes, des journées « ville propre » et autres excursions. Il est cependant apparu une inadéquation entre la méthode employée et l’organisation officielle des enseignements dans les écoles concernées. De même, des disparités subsistaient dans l’espace (choix des écoles et des classes) et dans le temps (périodicité des cours dans les sites retenus). Face à cet état de fait, l’attention a été portée sur la recherche d’options palliatives durables, susceptibles de favoriser l’éducation «continue» du «plus grand nombre» d’élèves, dans le respect de l’intégrité des programmes officiels en vigueur. L’une des options retenue fut de faire des chargés de cours, les vecteurs des «savoirs» de l’écologie en insérant cette discipline dans les emplois du temps des écoles partenaires.

Deux séminaires de formation des formateurs ont ainsi été organisés par IBONGA respectivement à Gamba (Novembre 2004) et Tchibanga (Avril 2005), avec la participation de 75 chargés de cours et chefs d’établissements représentant 40 écoles du Complexe des Aires Protégées de Gamba et sa périphérie.

De ces formations a germé l’idée selon laquelle l’éducation environnementale pourrait "intégrer" les curricula officiels de l’éducation au niveau national. Vision renforcée par l’importance de l’avènement des Parcs Nationaux et l’essor des concepts de conservation de la biodiversité à l’échelle internationale.

Sur ce, une première version de curriculum en éducation environnementale a été élaborée par la base pédagogique de Gamba selon l’Approche Par les Objectifs (APPO) à l’époque en vigueur. Ce document a ensuite, été actualisé par les conseillers pédagogiques de l’Inspection de l’Education Nationale de la Nyanga (commune de Tchibanga) selon l’Approche Par les Compétences de base (APC) actuellement en vigueur. Ledit curriculum ayant évolué, IBONGA a entrepris avec l’appui du Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), de l’expérimenter dans un premier temps dans le CAPG où l’ONG menait déjà ses activités de sensibilisation dans les écoles. Cette expérimentation visait donc à identifier les forces et les faiblesses du programme élaboré, à améliorer et réajuster les termes du dit curriculum et à observer avec les services compétents, la faisabilité (ou non) du projet d’insertion de l’éducation à l’environnement dans les curricula officiels.

Aussi, l’expérimentation à proprement parler s’est échelonnée sur trois phases :

Une phase de prise de contact qui a consisté à prendre attache avec les services compétents du Ministère de l’Education Nationale, dont la Direction de l’Institut Pédagogique National (IPN) et la Direction des enseignements du Premier Degré. Puis à mettre en place des comités de suivi de l’expérimentation au niveau local (dans les villes de Gamba et de Tchibanga).

Une phase préparatoire qui consistait à élaborer et harmoniser les principes de l’expérimentation avec tous les acteurs locaux. Cela revenait en pratique à sélectionner des écoles pilotes dans les deux sites retenus (soit 8 écoles du CAPG et environ 1300 élèves impliqués), ériger des emplois du temps expérimentaux faisant que dans tous les sites les cours soient synchrones, élaborer une méthode d’évaluation des apprenants, qui soit conforme aux normes officielles (élaboration des cahiers de situations cibles) ...

Une phase de mise en oeuvre caractérisée par la passation des savoirs, et d’évaluation des apprenants.

Des missions de suivi étaient effectuées par le bureau exécutif de l’ONG pour recueillir les impressions et résultats à mi-parcours, motiver les acteurs locaux et fournir des orientations si nécessaires.

Les résultats de chaque palier d’apprentissage, fournis par les enseignants, ont permis de dresser un bilan de l’évolution des aptitudes des élèves en début d’expérimentation et en fin d’expérimentation. Une amélioration de 37% a ainsi été remarquée. Il va de soit qu’un apprentissage continu aurait amélioré les compétences des élèves concernés dans l’appréhension des concepts environnementaux d’une part et l’identification ainsi que la résolution des problématiques environnementales élémentaires d’autre part.

Tout compte fait, l’expérimentation a débouché sur des résultats satisfaisants tant chez les apprenants que chez les chargés de cours. Au sortir de cette expérienceet dans l’optique de capitaliser les enseignements de tous les acteurs du point de vue de la mise en oeuvre du projet, un atelier de mise à jour, d’harmonisation des outils conçus (curriculum et situation cible) et de partage d’expériences, s’est tenu à Tchibanga, courant Juillet 2007.

Ces assises ont réuni tous les acteurs de l’expérimentation y compris les conseillers pédagogiques, le chef de la base pédagogique de Gamba, et en ouverture des travaux, l’Inspecteur de la circonscription nord de la Nyanga. Les travaux qui se sont déroulés pendant 4 jours, ont permis, de réviser les termes du curriculum, en y intégrant entre autres, les notions sur les écosystèmes marins, les changements climatiques, et les parcs nationaux.

Ledit document est actuellement en étude à l’IPN et pour l’heure, Ibonga envisage d’étendre l’expérimentation dans d’autres sites, en partenariat avec les ONG environnementales qui y exercent. Puisse la présente initiative, à court terme, jeter les bases d’une adaptation effective de la politique éducative nationale, aux enjeux environnementaux actuels.

Gil Avery MOUNGUENGUI
Bureau exécutif de IBONGA-ACPE

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