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Situation des Sites Pilotes du Réseau: le Tchad PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Secrétariat Exécutif   

Le Tchad a fait de la conservation et la gestion rationnelle des ressources naturelles l’une des politiques du gouvernement en matière de la préservation de la biodiversité.

A cet effet le Tchad a ratifié et signé plusieurs conventions internationales à savoir :


Un autre élément important dans le cadre de la préservation de la biodiversité, est l’existence d’un réseau d’aires protégée comprenant :

  • 2 parcs nationaux ;
  • 7réserves de faune ;
  • 1 réserve de la biosphère.


Le bureau national RAPAC pour le Tchad a été créé le 15 juillet 2005 par Arrêté n°034/MEE /SG/DCFAP/05 pour la mise en oeuvre des objectifs du Réseau, ce bureau est dirigé par un administrateur mandaté à cet effet, et qui siège au Conseil d’Administration.

Le RAPAC, Institution à caractère sous-régional spécialisée dans l’aménagement des aires protégées compte 33 sites pilotes sur les 116 aires protégées des pays membres dont 3 au Tchad à savoir : (cf. liens "pour en savoir plus)

  • le parc national de Zakouma (PNZ) dans le Salamat;
  • le parc national de Manda (PNM) dans le Moyen Chari;
  • la réserve de faune de Binder–Léré (RFBL) dans le Mayo Dallah.


Ces 3 sites ont été retenus compte tenu de leurs potentialités et richesses en ressources naturelles spécifiques des zones savanicoles qu’ils renferment. Les espèces phares qu’on y rencontre sont :

  • l’éléphant et la girafe pour le PNZ;
  • le lamantin pour la RFBL;
  • l’hippopotame pour le PN.

Etat général de la gestion des Aires Protégées

La problématique de la conservation de la biodiversité au Tchad , pays à vocation agricole et pastorale, est celle de tous les pays en voie de développement, confronté au problème de survie de leur population rurale.

La diversité biologique au Tchad en général est mal connue. Si des nombreuses études ont été conduites dans le passé sur la préservation de la faune sauvage et sur la flore, elles demandent à être actualisées , approfondies et surtout complétées par de nouveaux programmes de recherches.

Outre la méconnaissance de cette diversité biologique, le phénomène de la désertification modifiant les conditions écologiques, engendrent des concentrations de différents usagers, dans des zones encore propices à l’agriculture et à l’ élevage, mettant en péril le couvert végétal.

Les enjeux souvent contradictoires occasionnent des conflits meurtriers entre ces différentes communautés.

Statuts des différentes aires protégées

Les aires protégées derniers bastions de la population relique de la faune sahélienne et pré désertique ne sont pas épargnées de cette pression humaine; Leur point d’eau, le pâturage, les gommes arabiques et plaines à acacia attirent la convoitise des éleveurs transhumants et agriculteurs pionniers occasionnant ainsi des menaces qui pèsent sur la pérennité de la diversité biologique. Créées depuis les années de l’indépendances, les aires protégées assurent la multiplication, la propagation, la protection des différentes espèces de faune et de flore en fonction de leurs répartitions écologiques.

Il faut ajouter au Tchad les forêts classées que sont :

  • La forêt classée de Timbérie ;
  • La forêt classée de Yambodo ;
  • La forêt classée de Yamba berté ;
  • La forêt classée de Djoli kéra.


Il existe enfin des zones d’intérêts cynégétiques que sont les blocs des chasses de fada dans le de pays ;

  • le site touristique de douguia ou on chasse la sauvagine (oiseau d’eau et limicole) au sud du lac Tchad ;
  • les blocs de chasse de l’Aouk dans le sud et à la frontière avec la RCA (zones exploitation légale de la faune par les sociétés de chasse) ;
  • les blocs de chasse de Roukoum dans le centre entre les réserves de faune de siniaka minia, Aboutelfane et parc national de Zakouma.

Effectif du personnel et formation

Il manque au Tchad, du personnel qualifié en quantité et en qualité en matière de conception et gestion des ressources naturelles. La majorité des cadres du secteur environnement a été formée au Cameroun (DSCHANG, MBALMAYO, GAROUA.), au Mali (IPR/IPRA de KATIBOUGOU) et au Sénégal (BAMBEY).

Depuis 1988, l’École de Technique d’Agriculture de BA-ILLI (ETA) forme des agents et adjoints techniques des eaux et forêts, de même depuis 1999, l’Institut Universitaire des Sciences Agronomiques et Environnement de DOYABA et centre régional de lutte contre la désertification (CREFELD) à SARH forment des cadres moyens et supérieurs pour renforcer le personnel MEP, mais ces centres de formation connaissent d’énormes difficultés de fonctionnement. Les agents subalternes chargés de la surveillance et de la protection des aires protégées manquent cruellement.

Le centre de formation forestière de MILEZI prévu pour leur recyclage ne fonctionne pas comme il se doit. Cette catégorie du personnel est vieille et demande un renouvellement ainsi qu’un recyclage pour être efficace sur le terrain.

Le tableau suivant donne le bilan du personnel : Gestion des Zones Périphériques et des conflits :

N° ordre
Catégorie du personnel Nombre
01 Ingénieurs
3
02 Ingénieurs
6
03 Ingénieurs
8
04 Adjoints
5
05 Agents TEF
10
03 Surveillants
223
  TOTAL
25


Gestion des Zones Périphériques et des conflits

Le PNZ

Le braconnage concerne essentiellement la girafe, le buffle et l’éléphant. Certaines activités illégales sont également à relever et concernent la pêchedans le PNZ. Il n’existe pas de chasse réglementée autour du parc sauf celle organisée par les sociétés de chasse agréées par le ministère autour de la réserve de faune du bahr Salamat

La RFBL

La chasse réglementée est organisée par les ILODs sous la supervision du Secteur de Conservation de la Faune et des Aires Protégées et à Yapala situé à l’Est de la Réserve de Faune de Binder Léré. Les défrichements non contrôlés, de coupes abusives à la recherche du pâturage aérien ou du bois de chauffe.

le PNM

Compte tenu de sa proximité avec la ville de Sarh et le camp militaire, le braconnage est exagéré et concerne les espèces suivantes :

  • buffles ;
  • hippotragues ;
  • phacochères ; et gazelles à front roux.


Les incursions dans le parc pour la récolte de miel, pailles et plantes médecinales sont également régulières ainsi que pour la coupe du bois et enfin pour la pêche et le pâturage.

L’ accès aux ressources

Conformément aux disposition de l’ordonnance 14 /63 du 28 Mars 1963 règlementant la chasse et la protection de la nature au Tchad, sauf certains droits d’usage sont reconnus aux population riveraines des aires protégées :

  • Le ramassage de bois morts, bois d’oeuvre et de la paille ;
  • La récolte du miel ;
  • La chasse traditionnelle aux petits gibiers ;
  • La récolte des plantes et racines médicales ;
  • La cueillette de la gomme arabique et des fruits sauvages divers ;

Problèmes récurrents à résoudre

Le problème majeur qui se pose actuellement au Tchad pour une gestion durable de sa diversité biologique, est celui de la faiblesse des capacités tant au niveau national que local. Les besoins en ce domaine sont immenses et couvrent beaucoup de domaines liés à l’environnement.

Les acteurs concernés par le renforcement des capacités en gestion de la biodiversité ont relevé un certain
nombre de lacunes qu’il convient de combler :

  • L’insuffisance des cadres techniques nationaux ayant la capacité de concevoir et de d’exécuter les programme et projets ne favorise pas la maximisation des actions en faveur de la gestion de la biodiversité;
  • La faible participation de la population à la conception, à la programmation et la mise en oeuvre des programmes et projets, limite l’appariation des acteurs de développement par les bénéficiaires;
  • Les faibles capacités des structures publiques et privées à répondre aux besoins des populations tout comme celle des organisations de base à faire efficacement face aux problèmes de développement dans un esprit de coresponsabilité.µ
  • Les activités actuelles de renforcement des capacités
    sont limitées à la formation des individus et n’a pas pris en compte le système institutionnel.

Les problèmes urgents à résoudre :

  • L’élaboration et l’exécution en urgence d’un programme national de gestion des aires protégées
  • Le renforcement et la participation des ONG et la société civile ;
  • Le renforcement du partenariat avec les institutions nationales, sous régionales, et internationales des recherches.
  • La protection et la valorisation des savoirs traditionnels de gestion de l’espace et l’utilisation durable des ressources naturelles.
  • Informer et former les populations riveraines des AP de la nécessité de conserver les ressources biologiques.
  • Organiser, structurer, et promouvoir les organisations professionnelles paysannes pour une meilleure gestion de Ressources Naturelles.
  • Renforcer et impliquer la participation de ONG, de la communauté locale et de la société civile dans le plan national de gestion AP.
  • Renforcer la capacité des institutions chargées de la conservation de la diversité biologique a bien assuré leur tache.

Tchad.jpg Stratégie nationale.

La stratégie nationale de lutte contre la pauvreté englobe celle relative à la protection de l’environnement.

La stratégie de lutte cotre la désertification et la stratégie nationale de conservation de la biodiversité sont autant des mesures prises en faveur de l’environnement par le ministère de tutelle.

Programmes et projets à poursuivre (actions pilotes)

Il n’existe pas de programme ou de projets pilotes en tant que tel, mais nous pouvons citer :

  •  Le projet de renforcement de la surveillance autour du parc national de Zakouma avec l’appui de IFAW (International Funds Animals Welfaire)
  • Le projet de renforcement des capacités et de formation de personnel de la RFBL en cours avec l’appui probable du RAPAC, les programmes et projets à poursuivre sont :
  • Le PRODALKA dans le Mayo Dallah et le Lac Léré
  • Le projet CURESS, avec un financement de la 2ème phase par l’Union Européenne.
  • Le démarrage du projet biodiversité Manda sur financement F.E.M.

Etudes à réaliser

  • Impacts des animaux sauvages sur les cultures vivrière dans les dans les A.P
  • Etude de la faune sauvage et la flore dans le A.P
  • Etude de l’organisation de la chasse villageoise dans les blocs de chasse.
  • Etude impact environnemental du projet pétrole sur les ressources naturelles autour du PNM

 

Source: Rapport National, administrateur Walsoumon Ali N’gare