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En prélude à l’initiative « Premières Journées des Aires Protégées en Afrique Centrale » que le RAPAC organisera au mois de mai 2007, il est opportun de porter une réflexion sur les enjeux de la biodiversité dans le Bassin du Congo. La biodiversité, au sens étymologique du terme, évoque la diversité du vivant, c’est-à-dire tous les processus, les modes de vie ou les fonctions qui conduisent à maintenir un organisme à l’état de vie. En 1992, lors du Sommet de la Terre, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) fut signée consacrant la disparition de la biodiversité comme problème d’environnement global.
Toutefois, cette problématique implique une toile d’acteurs et d’intérêts dans les milieux scientifique, politique, industriel, médias et ONG. Notons ainsi que protéger la biodiversité implique l’adoption des positions qui dépassent les simples considérations écologiques. En effet, la biodiversité interpelle sur le principe de souveraineté des pays sur leurs ressources, le génie génétique, la propriété intellectuelle, la biopiraterie, etc. Il s’agit dans l’ensemble de la notion d’efficacité économique et d’équité de la biodiversité sur la base d’intérêts clairement établis. Dans le climat d’urgence de nombreux scientifiques pensent qu’avec l’érosion de la biodiversité, c’est l’avenir de l’humanité qui est en jeu.
Cependant on n’a pas l’inventaire planétaire des espèces vivantes ni le rythme de la destruction des écosystèmes avec précision mais on s’accorde pour affirmer que les conséquences d’une disparition à grande échelle de la biodiversité justifient une prise de position collective pour limiter les dégâts.
Dans les zones périphériques des aires protégées, établies comme réservoirs de la biodiversité, les populations pratiquent toujours des activités de cueillette, de pêche et chasse plaçant ainsi l’Homme au coeur de la problématique sachant que «chaque société humaine, à travers sa langue, sa mythologie, ses symboles, ses pratiques, a développé ses propres utilisations de la nature». La conservation de la biodiversité est invoquée pour rechercher une solution de compromis entre les différents acteurs et utilisateurs dans et autour des aires protégées. Il s’agit d’apprécier les menaces qui pèsent sur elle et les actions à mettre en oeuvre pour l’utiliser durablement. En parlant d’enjeu de la biodiversité, il faut distinguer le courant conservationniste qui présente l’Homme comme prédateur de la nature et milite pour la préservation intégrale de la biodiversité; et celui utilitariste qui milite pour une nature à préserver et à utiliser pour un développement socioéconomique durable
C’est ainsi que les pays du sud ont toujours souhaité que la biodiversité fasse l’objet de droits souverains afin d’en restreindre l’accès et être associés à son exploitation. En signant la Convention sur la Biodiversité l’espoir est né de pouvoir monnayer leurs ressources en les rattachant aux autres matières premières pour les traiter comme des produits commerciaux.
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