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La conservation et l’utilisation des écosystèmes naturels est une préoccupation des Etats d’Afrique Centrale qui abritent, par leur situation en zone intertropicale, une part importante de la diversité biologique de notre planète, de plus en plus associée à l’idée d’un patrimoine naturel d’intérêt mondial. Cette préoccupation se traduit par la ratification de conventions de première importance au niveau international et par le développement progressif de politiques d’environnement au niveau national. Une approche exclusivement nationale se révèle insuffisante pour assurer la conservation d’écosystème se caractérisant par leur diversité au-delà d’une homogénéité apparente. Une approche régionale prenant en considération la dynamique des écosystèmes est désormais unanimement approuvée.
Les avantages écologiques
Les systèmes naturels fonctionnent généralement sur de vastes espaces reliés entre eux qui favorisent les cycles migratoires de certaines espèces animales, la dispersion et la contraction d’habitats en fonction des conditions environnementales (par exemple les populations d’éléphants), l’existence de zones de refuge à partir desquelles des niches de faune et de flore survivant à des épidémies (par exemple la peste bovine) peuvent recoloniser des régions extérieures, et créent des possibilités de cycles de repos et de rétablissement dans des régions soumises au surpâturage, aux incendies, aux inondations, etc.
L’avantage de relier et gérer conjointement des zones de protection au-delà de limites étatiques est évident lorsque cela concerne les itinéraires de migration et la survenance de maladies. Le fait de relier, par exemple, les aires protégées qui constituent le TRIDOM ou le TNS, augmentera les chances de survie à long terme d’une espèce comme l’éléphant de forêt.
Les avantages socio-économiques et culturels
La protection et la gestion de la faune et de la flore, en Afrique notamment, peuvent entraîner une amélioration importante du niveau de vie des populations rurales les plus pauvres en leur procurant davantage de ressources que les économies de subsistance traditionnelles. En Afrique centrale, de nombreux exemples montrent que le tourisme basé sur la nature (y compris les safaris photographiques et de chasse) apporte des revenus substantiels pour les communautés locales et nationales.
La collaboration et les partenariats
La notion même de gestion conjointe de zones de protection adjacentes implique la tenue de réunions régulières, l’échange d’idées, la prise de décisions en commun et la collaboration pour un profit mutuel. Aussi, la réussite des initiatives transfrontalières passe par un engagement intrinsèque de collaboration, d’aide mutuelle et d’assistance.
La contribution à la paix, à l’harmonie et à la stabilité régionale
En effet, l’Afrique est un continent dont l’histoire est parsemée de troubles réguliers et de conflits persistants. Toutefois, lorsque des pays participent à des entreprises communes présentant des avantages évidents pour tous les partenaires, ces derniers réfléchissent à deux fois avant de mettre ces processus en péril.
En somme, la conservation et la gestion durable des écosystèmes naturels passent par la création ou le maintien d’aires protégées dans lesquelles les utilisations doivent garantir la régénération de l’écosystème. Toutefois, cette politique de conservation a un coût élevé que les Etats concernés ne peuvent assumer individuellement, ni financièrement, ni techniquement dans une perspective de court et moyen terme. Aussi, la mise en place de complexes transfrontaliers d’aires protégées constitue une opportunité pour la conservation d’un certain nombre d’écosystèmes partagés entre plusieurs Etats à l’exemple de celui de la région frontalière Tchad-Cameroun que le RAPAC appuiera ; fort du mandat officiel que lui a conféré la COMIFAC pour la mise en oeuvre de son Plan de Convergence.
Aurélien MOFOUMA
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