Requiem pour les défenseurs de la biodiversité PDF Imprimer Envoyer

Malencontreusement, lors d’une mission de suivi d’un projet dans le nord du Cameroun, à la frontière tchadienne, nous avons constaté amèrement les méfaits du braconnage des éléphants dans le Parc National de Bouba Ndjida.

En effet, dans la nuit du 17 au 18 février 2010, une patrouille de gardes (comptant des écogardes et des gardes communautaires) a suivi des coups de feu vers le nord-est du parc, et a riposté. Le lendemain une patrouille dans la zone a permis de découvrir 12 éléphants abattus dont 3 femelles gestantes, possédant encore leurs défenses. L’on soupçonne que les braconniers viendraient du Tchad. Malgré l’aide des éléments des forces camerounaises de maintien de l’ordre du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), il n’a pas été possible d’identifier et d’arrêter les suspects.

Malheureusement, la nuit du 25 au 26 février, des braconniers ont encore frappé, tuant sur leur passage deux gardes communautaires.

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Ces gardes communautaires qui combattent tous les jours pour la sauvegarde de la biodiversité, n’ont pas un statut qui les protège contre les risques de leur métier. Leurs familles éplorées perdent ainsi leur principal soutien sans possibilité légale de bénéficier d’un quelconque dédommagement ou assistance. L’avenir de leurs enfants en prend inévitablement un coup.

Si aucune mesure n’est entreprise pour corriger cette lacune, il n’y aura aucune surprise de voir baisser voire disparaitre l’enthousiasme des villageois à participer à la lutte contre le braconnage. Ceci sera dommageable pour la conservation de la nature en général et des éléphants en particulier, compte tenu de l’importance que jouent et pourraient davantage jouer les villageois dans la protection de la nature. En effet, ils ont une bonne connaissance du milieu, sont en liens avec les autres communautés des villages riverains du Parc National, et sont les plus à-même de repérer les intrus (braconniers) dans leur localité.

Il y a donc urgence d’agir pour arrêter le massacre des hommes et des animaux.

Pour ce faire, Mesdames, Messieurs, nous avons besoin de la contribution de vous tous, notamment en termes intellectuel, physique, financier ou matériel. Parmi les pistes à prospecter, nous pensons à :

  • L’accélération du processus de la mise en place du complexe transfrontalier Sena Oura – Boubandjida.
  • La mise en œuvre du plan d’aménagement du PN de Boubandjida.
  • La formation et l’équipement appropriés des écogardes.
  • La définition d’un statut pour les gardes communautaires.
  • La sensibilisation des autorités traditionnelles, administratives et judiciaires sur les enjeux de la conservation de la biodiversité.
  • La maîtrise du circuit de commercialisation des trophées de chasse.

Téléchargez et faites circuler cette pétition : icon Requiem pour les défenseurs de la biodiversité (pétition) (153.57 KB)