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La sensibilisation: les expériences de 3 projets PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Secrétariat Exécutif   

Beaucoup de projets actions pilotes que RAPAC a financé avaient pour principale activité la sensibilisation. Aussi, semblait-il pertinent de capitaliser les expériences de trois de ces projets.

  1. Le premier projet retrace des activités de sensibilisation en République centrafricaine par le biais d’une association qui est bien implantée dans la zone.
  2. Le deuxième décrit une nouvelle expérience en République Démocratique du Congo où les populations ont été non seulement sensibilisées, mais aussi, elles se sont organisées pour lutter contre le braconnage.
  3. Enfin, le troisième projet montre quelques expériences d’une association congolaise travaillant dans la protection des tortues marines depuis 10 ans.

Les Amis de la Nature

Sensibilisation via un réseau

Le projet des « Amis de la Nature », association de droit centrafricain fondée en 2000 était intitulé :
« Education environnementale et sensibilisation des acteurs pour un changement de comportement sur les effets néfastes des pratiques de chasse traditionnelle dans les Aires Protégées ».

Le projet a été réalisé courant 2009. Cette association est représentée sur le terrain par 6 coordinations et 160 comités présents dans différents villages. A l’aide d’une télévision, d’une chaîne Hifi, d’un groupe électrogène, de films expliquant les enjeux et dangers qui affectent la biodiversité et une forte motivation, les membres de l’association ont parcouru la Basse Lobaye (sud ouest de la RCA) pour débattre avec les populations riveraines des Aires Protégées « Basse-Lobaye » et « Dzangha-Sangha ».

Ainsi, ces populations ont été sensibilisées sur la fragilité de leur milieu et aux solutions existantes pour le sauvegarder. Malheureusement, malgré cette conscience nouvelle pour sa préservation, elles n’ont pas les moyens de le faire. Les populations sont demandeuses d’Activités Génératrices de Revenus (AGR) mais se sentent livrées à elles-mêmes pour
réussir à les mettre en place.

Le projet a certes remplit ses objectifs (d’éducation et de sensibilisation à l’environnement), mais il est regrettable que les projets de sensibilisation n’intègrent pas le développement d’AGR. En effet, il est à craindre que non seulement les populations ne changent pas leurs comportements vis-à-vis des Aires Protégées (AP), mais aussi oublient les notions de développement durables de leurs ressources.

OSAPY

Sensibilisation et organisation de réseaux de surveillance

Depuis 2009, OSAPY (Organisation pour la Sédentarisation, l’Alphabétisation et la Promotion des Pygmées) réalise un projet de lutte contre le braconnage et la consommation de bushmeat. Ce projet se déroule en République Démocratique du Congo, dans la Réserve de Faune à Okapis (RFO), site pilote RAPAC.

ORGANISATION

  1. Les différents acteurs de la RFO en particulier, le conservateur de la RFO et son équipe, les forces de l’ordre, les différentes associations (WCS, GIC) et les populations riveraines (peuples autochtones et bantous)) ont collaboré lors des ateliers de sensibilisation qu’OSAPY a organisé, ce qui a permis à ces acteurs qui ne se connaissaient pas de se rencontrer ;
  2. Les populations ont pris conscience de l’intérêt et de l’importance de gérer durablement leurs ressources naturelles grâce aux activités de sensibilisations réalisées par OSAPY ;
  3. Au niveau de l’organisation pour lutter contre le braconnage, des « noyaux de monitoring » ont été mis en place dans plusieurs villages clefs (par rapport au braconnage) et se sont organisés. OSAPY les a formé aux techniques d’enquêtes en leur fournissant un appui technique qui leur permet de mieux communiquer (des bottes, des vélos…).

Malgré la motivation observée au sein des populations concernées pour participer aux actions de sensibilisation et les risques encourus ainsi que les faibles moyens mis à leur diqposition, il est à déplorer que la mission des noyaux de monitoring mis en place par OSAPY puisse être freinée dans les cas où certaines parties prenantes soient directement impliquées dans les réseaux de braconnage.

Rénatura

Sensibilisation de longue date

Le projet de Rénatura association présente dans la protection des tortues marines depuis 10 ans s’intitule « Etude et sauvegarde des Tortues Marines en République du Congo ». Les financements de ce projet étaient principalement alloués
aux indemnités des agents de surveillance des plages, qui font à la fois un travail de sensibilisation et d’information auprès des populations locales, mais aussi de la collecte de données scientifiques.

Certains résultats montrent une diminution de l’ordre de 95 % du braconnage sur les plages où Rénatura est présent. On
peut noter aussi la quasi-disparition de la viande de tortue sur les marchés de Pointe Noire. Une autre partie du financement a été utilisée pour réhabiliter un des campements des écogardes.

La valeur ajoutée de ce campement est qu’il permet aux touristes de venir participer aux patrouilles des écogardes et ainsi générer de nouveaux revenus, mais aussi sensibiliser les touristes aux problèmes de la conservation des tortues marines au Congo.

Néanmoins, une des difficultés récurrente est de trouver des financements pour pérenniser leurs activités pour la conservation de la biodiversité.

Conclusion

Ces trois projets montrent différentes possibilités d’aborder nla sensibilisation auprès des populations vivant dans ou en
périphérie des Aires Protégées. Il en existe d’autres.

On note très peu d’échecs et une forte adhésion des populations aux différentes activités de sensibilisations menées. En effet, les populations deviennent conscientes de la fragilité de leur environnement et de l’intérêt qu’elles ont à le protéger afin que les générations futures puissent continuer à y vivre et à bénéficier des bienfaits de cet environnement.

Toutefois , elles n’ont pas les moyens techniques et/ou financiers suffisants pour maintenir le changement de  comportements.

La solution n’est pas dans la répression, mais bien dans un aménagement concerté du territoire, qui arrive à concilier les
intérêts des populations et ceux de la conservation.

Le développement des Activités Génératrices de Revenus (AGR) serait une solution alternative à cette problématique.