TAYNA : une expérience de la conservation participative PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Secrétariat Exécutif   

Contexte

Même si la protection ou la conservation des ressources sont sous la responsabilité de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, la population locale s’est sentie choquée par cette destruction et pillage. L’éveil de la conscience sur le danger futur est né dans la région.

Les concertations ont commencé entre les fils, filles et leurs parents (coutumiers, chefs d’entité et propriétaires des terres) afin de participer à la conservation de leurs propres écosystèmes pour écarter le danger d’extinction des espèces fauniques et floristiques dans leurs forêts.

Balle au bond, elle a été récupérée rapidement par le chef de la chefferie des BATANGI et de la chefferie des BAMATE dans le Territoire de Lubero, qui, aidés techniquement par leur fils Pierre KAKULE, eurent l’idée de créer la Réserve de Gorilles de Tayna.

Localisation

STATION
COORDONNEES
BUNYUKI NGUMBA MUTENDA KABWE
KANDONGWE
LATITUDE Sud 00°23’08.1’’ 00°22’56.9’’ 00°30’58.7’’ 00°16’38.4’’
LONGITUDE Est 028°45’46.2’’ 028°39’21.5’’ 028°44’48.1’’ 029°00’31.0’’
ALTITUDE 1154 m 1094 m 1632 m 1730M

La Réserve Naturelle de Tayna se trouve dans une région à climat équatorial, les pluies sont fréquentes durant toute l’année, la saison sèche est moins remarquable.

Statut juridique

La RNT est reconnue officiellement par l’État congolais sous les documents juridiques suivants :

  1. Certificat d’identification d’ONG N° 00120/DPD/NK/2001 de la division provinciale du plan au Nord-Kivu ;
  2. Certificat d’enregistrement N° 117/Just-RI-DN/DP-NK/2001, de la division provinciale de la Justice et Gardes des Sceaux du Nord-Kivu ;
  3. Arrêté ministériel N° 942/CAB/MINJ/2005 du 31/12/2005 accordant la personnalité juridique ;
  4. Arrêté ministériel N° 012/CAB/MIN/ECN-EF/2006 du Ministère de l’Environnement Conservation de la Nature Eaux et Forets, portant création d’une réserve naturelle dénommée : Réserve Naturelle de Tayna, (RNT) ;
  5. Signature du Contrat avec l’ICCN en date du 15 mai 2006, accordant la gestion de la Réserve Naturelle à la population locale.

Historique de la réserve :

La RNT est un projet de conservation communautaire initié par le Conservateur en Chef Pierre KAKULE VWIRASIHIKYA soutenu par les deux Bami dont le Mwami Alexandre MUHINDO MUKOSASENGE II de la Chefferie des Bamate et Mwami STUKA MWANAWEKA MIKUNDI II de la Chefferie des Batangi qui depuis très longtemps ont interdit le massacre des animaux envoie d’extinction dans leurs entités surtout les Gorilles.

Ces derniers seront appuyés par la population locale, ensuite par l’élite intellectuelle de la région et surtout du domaine de conservation. Tous conscients de la potentialité en ressources naturelles (faune et flore) que regorge ce biotope et de l’ampleur que prend le braconnage et l’exploitation incontrôlée des ressources naturelles dans d’autres provinces, ils se sont mobilisés comme un seul homme et ont entamé des contacts en s’appuyant sur les relations de certains membres fondateurs pour avoir des bailleurs des fonds.

Mission :

Atouts :

La Réserve Naturelle de Tayna couvre une superficie de 900km². Le choix de cette aire géographique pour héberger la réserve est motivée par une originalité incontestable justifiée par :

• La présence d’une diversité biologique considérable,
• La présence des espèces endémiques telles que « le Gorille de plaine de l’Est » et d’autres grands singes (Chimpanzés).
• La présence d’une grande forêt intacte hébergeant les Éléphants de forêt, les Buffles, les Léopards, …
• La présence d’une communauté locale traditionnelle conservationiste et prête pour la promotion de la conservation communautaire ;
• La présence des animaux protégés par la loi Congolaise mais vivant en dehors des parcs nationaux (aires protégées).
Stratégie d’intervention : la conservation communautaire intégrée au développement;
• l’implication de tous les chefs coutumiers dans la sensibilisation
• Encadrement de la jeunesse et de la femme.

Contraintes :

Insécurité dans la région : la présence des milices armés ne permet pas une libre action de recherche dans certains coins du milieu ;
Le mauvais état de la route Lubero - Kasugho rend pénible l’accès au site du Tayna Center for Conservation Biology.

Perspectives :

1. Ouvrir une piste d’atterrissage à Kasugho ;
2. Construire une auberge pour loger les visiteurs ;
3. Exploiter tous les sites touristiques pour développer l’écotourisme dans le milieu : site de Kabwekandongwa, Musalala wa Mutundu, etc.
4. Renforcer le reboisement du site universitaire par des essences forestières.
5. Construction d’une école maternelle.

Conclusion :

Pour pérenniser la conservation de la nature, il conviendrait à tout le monde d’appuyer un « système éducatif vert », à l’image du Tayna Center for Conservation Biology. Ceci depuis l’école maternelle primaire secondaire et universitaire. Protégeons nos potentialités pour une gestion rationnelle car elles sont à la base de notre développement socio-économique.